Boule de neige
Boule de suif
Boule de Juif
Boule au ventre
Boule de crème glacée
Boule aux entrailles
Boule de feu de révolte de crissements de dents. Quels choquants contrastes !
Le monde déboule. La boule de neige grossit démesurément avec des mains des têtes qui dépassent et ses font couper par des branches, des troncs d’arbres et se font arracher la langue pour ne plus parler et se font arracher les yeux pour ne plus voir et se font bloquer les conduits lacrymo-nasaux pour ne plus pleurer.
La marche funèbre sera grandiose, sans opposants. Branle-bas de combat dans les cimetières. Qui dont osera abattre une pierre tombale, crier dans un cimetière en faveur des vivants. Les morts ne disent mot, qu’ils soient frais morts ou millénaires Tranquilles dans leurs tombes / lits, ils ne ronflent ni ne soupirent Boule de chair, boule de poussière. Qui donc prendra le temps de raccorder le casse-tête de redonner au grand sa grandeur, au chétif sa longueur sans oublier le moindre détail comme ces pattes d’oie qui s’envoleront, ces bedons qui feront place aux muscles, ces trous de mémoire qui seront remplacés par l’effervescence cérébrale ? Où donc est ce géant capable de soulever des milliards de tonnes de poussière, de roc, de boue, de lave ? Qui, s’il existe, peut jongler avec des milliards de boules cosmiques, sans en échapper aucune, à la vitesse de la lumière, vive, atomique, sans s’y brûler ? Qui (soyons sérieux, existe-t-il ?) peut soulever des milliards de tonnes d’eau et les projeter en l’air, sur une largeur de dix pays, sur une hauteur de 10 étages ?

Cessez de chercher dans les bibliothèques, livres savants, boules de cristal, méditation les jambes en l’air. Cessez de chercher loin. Mettez-vous plutôt à quatre pattes, fermez les yeux, tâtez à tâtons, soyez l’aveugle qui cherche avec le cœur ouvert et, avec le temps, étant patients, un flot vous submergera, de douceur, de tendresse, et alors fondront les couteaux de votre vie pour faire place au miel de l’âme que vous pourrez goûter sans barreaux, sans frontières.
Le concept de Dieu se transformera en celui d’une personne, invisible mais palpable que vous pourrez embrasser du regard sans le voir qui vous réchauffera quand vous grelotterez La mer ne s’est pas emplie toute seule. Les grands parents des poissons n’ont pas appris seuls à nager. La terre des montagnes ne s’est amoncelée par enchantement. La fauvette ne parcourt pas des milliers de kilomètres pour arriver pile à destination dans le sud en se laissant guider par le pilote automatique assurée d’arriver à bon port, comme par magie. Boule, fauvette, pilote, vous n’êtes qu’un grain parmi les plages des Caraïbes, du Mexique, du Maroc.

Microscopiques sommes-nous face à la rondeur immentesque de la terre et pourtant… combien nous prenons de la place ! Le soleil, c’est NOUS. La lune aussi. La mer avec. Et pourtant, combien la terre est terne, fade, smoguée. Et la mer, gluante d’huile non aloès, de poissons visqueux (où donc est ton agilité de naguère, petit poisson?), les piscines de béton sont plus attirantes, avec leurs algues en caoutchouc. Nymphes, revêtez vos casques de bain. Hommes, enfourchez vos pattes de grenouille.
La terre est malade et près de 7 milliards de patients sont sur la ligne d’attente… pour un temps seulement. Il y a des guérisons, des amputations, des strangulations, des cris d’allégresse, des cris d’horreur : de tout ! Avant le grand jour fatidique, pourquoi ne pas réfléchir, fermer télé, journaux, bouches et écouter les battements de vos cœurs, vos consciences, chercher le sens profond de la vie et voir si sous les roches vous ne trouverez pas une colonie de fourmis qui vous feront vous mettre à quatre pattes, à plat ventre pour découvrir comment ça marche dans l’univers, pour constater que souvent les petites choses comme les fourmis marchent mieux et plus vite que nos grandes choses et qu’au lieu de s’enfarger, elles avancent et amassent plus que nous, le ventre plein, repues, elles, et qu’elles reconnaissent qu’il y a un Programmeur au-dessus d’elles et que par conséquent les hommes-fourmis que nous sommes sont eux aussi sujets à ce Programmeur qui a programmé des milliards de connections pour qu’on ne court-circuite pas.
Alors donc, pourquoi ne pas, pas à pas, faire l’exercice quotidien de nous mettre tous à quatre pattes devant le Programmeur des fourmis et des humains pour que peut-être un jour les naines fourmis se lèvent debout pour admirer enfin le spectacle des humains s’étant enfin inclinés devant le tétagrammé, Celui dont tous nous sommes redevables, la Boule de Feu qui de tout temps nous maintenait en vie, nous maintient, nous maintiendra, 100% garantie, sans remise de la vie.